jeudi 30 juillet 2015

De Alma à Fountain city puis à Prescott ou 1 pas en avant, 2 pas en arrière et 2 pas en avant


Au départ du Great Harbour campground, grosse déconvenue : alors que j'avais tout chargé, je m'aperçois que le pneu arrière est à plat. Je pense que j'ai du choper une épine sur le trail d'hier.
C'est ce que je redoutais le plus, parce qu'à l'arrière je ne sais pas faire.
Quand je pense que la veille, j'avais visité 2 bike shops !
Pas trop d'autre solution que d'essayer d'apitoyer un campeur ! Ils sont tellement sympas que j'ai pas eu besoin de pleurer. Je ne pense pas que celui qui m'a dépanné était habitué à changer une chambre, mais il s'est surement débrouillé mieux que moi, et en plus il avait un compresseur!
Donc je repars sur lqhighway 35, toujours poussée par le vent, et heureusement car il commence à y avoir de jolies collines.
Le paysage a vraiment changé, et avec tout ce vert et ces sapins, on se croirait à la montagne.
Pepin est célèbre pour son lac, mais aussi parce que c'est le lieu de naissance  ... de Laura Ingalls (oui, celle de "la petite maison dans la prairie", qui a raconté ses souvenirs d'enfance). Je ne vais pas jusqu'à visiter le musée, mais j'ai appris quelque chose.
Dans l'après midi entre Stockholm et Maiden Rock, je réalise que le pneu arrière est encore à plat. Décidément pas de bol, on avait pourtant bien vérifié l'intérieur du pneu. Je vais m'installer dans un petit parking avec panorama sur le Mississippi pour réfléchir tranquillement à une intervention. Une voiture arrive et stationne au moins un quart d'heure avant qu'un vieux monsieur en sorte et me propose son aide. Il est aussi bon que moi, et ni l'un ni l'autre nous n'arrivons à revisser la fixation du dérailleur (pas-de-vis sûrement déformé). Sa femme Carla, très dynamique, prend les choses en main, déclare que ce n'est pas normal que les magasins de vélo soient fermés le dimanche avec tous les cyclistes en sortie, et m'embarque avec le vélo jusqu'au village où se trouve le magasin de vélos le plus proche, .... c'est à dire celui de Fountain City où j'avais pris une glace la veille, et donc 15 miles AVANT ma dernière étape! Mais c'est plutôt sympa de m'en tirer comme ça car l'histoire n’est pas finie.
Je m'installe au motel juste de l'autre côté de la route, là aussi le patron du motel est gentil comme tout, me fait "un prix", et Carla et Bernard, mes sauveurs, me proposent d'aller manger un morceau. On va au village, dans un resto irlandais (fish and chips très bons), et je réussis à les inviter à diner.
Le lendemain, à l'ouverture j'apporte mon vélo au bike shop, qui se souvient très bien de moi, et l'affaire est faite le temps de boire un café. Je retourne au motel charger le vélo, saluer tout le monde là bas puis je retourne au bike shop parce que j'ai oublié de prendre la chambre à air de rechange.
Et devinez qui est là? Carla et Bernard, venus s'assurer que tout allait bien pour moi ! Ils habitent Alma et vont faire une course, puis je les retrouve sur la route : ils voulaient me faire une surprise et tiennent à m'emmener jusqu'à l'endroit où j'étais en panne la veille, pour que je n'ai pas à refaire le chemin. Je ne sais pas si vous suivez, car mon récit est assez laborieux, mais c'est pour montrer à quel point ils ont été adorables et m'ont si bien aidée. Ils ont 82 et 85 ans, c'est un 2ème mariage et ils ont 12 enfants à eux deux et je ne sais combien de petits enfants et arrière petits enfants !
D'ailleurs finalement, ils me conduisent jusqu'à Maiden Rock et cette fois c'est eux qui m'invitent à déjeuner. Comme ils connaissent tout le monde ici ( ils avaient tenu un bed and breakfast pendant 12 ans ici avant de prendre leur retraite à Alma), je suis la vedette, et tout le monde sait que je viens de France, que je suis partie de la Nouvelle Orléans,etc....
On finit par se quitter pour de bon, et je continue la route qui grimpe de plus en plus, au moins 2 fois je dois descendre pour pousser.
A Prescott, en fin de journée, je me retrouve au Visitor Center, fermé mais il y a une vue géniale sur la confluence avec la rivière st Croix. C'est dans un joli parc et je commence à imaginer que je pourrais dormir là :Il y a des abris, tables et banc,eau, électricité et même wifi !
En attendant la nuit, je grignote un morceau quand arrivent 2 bikers qui viennent discuter: ils m’avaient vue sur la route un peu plus tôt en train de pousser le vélo. Ils pensent que ce n'est pas une bonne idée de dormir dans le parc et que je vais me faire virer. Ils me proposent de dormir dans leur jardin, et comme on a prévu de la pluie dans la nuit, je m'installe sous leur tonnelle.
Et c'est juste en arrivant chez eux que mon compteur marque les 2000 MILES !
Incroyable, cette succession de rencontres providentielles, non?

mon dépanneur de vélo (bras levé) et sa famille
Le paysage a bien changé 
Nostalgie... de la petite maison dans la prairie

Carla et Bernard, mes autres sauveteurs de la journée des crevaisons
Barges en teabsit
Au parc de Prescott où j'ai failli passer la nuit 
2000 miles et je suis aux portes du Minnesota 

Hospitalité dans le "courtyard" chez Scott et Jamie.
Lui est biker mais elle est cycliste, et d'ailleurs, ils reviennent aussi du fameux RABGRAI

1 commentaire:

  1. Ah, oui ! ces étapes-là sont tout autre chose. Mais quelle solidarité et générosité ! J’imagine aisément ton bonheur de te voir aussi chaleureusement secourue. Ce sont vraiment de merveilleuses personnes. Finalement… vive les crevaisons ! –lol-
    Que la suite de ton périple soit aussi exaltante, bonne route ! Bises, Chantal

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